Un jour, on jouait à avoir l'assiette la plus propre, mon père, mon frère et moi. Je lèchais mon assiette et quand j'ai relevé la tête, toute fière, mon père me montre celle qu'il était censé avoir nettoyée... nickel... HYPER propre. J'étais dépitée ! jusqu'au moment où il a explosé de rire en me montrant qu'il avait en fait pris une assiette propre. Le filou !

Quand j'étais en fin de 5ème, on a déménagé à Montbrison. On avait un appart' là-bas, et notre maison du côté de Vienne. On rentrait tous les week-end. J'avais mes cours de violon le samedi + orchestre de chambre aussi (1er violon... fierté). Le dimanche soir quand on retournait sur Montbrison pour la semaine, dans notre 4L fourgonnette blanche (celle où tu peux ouvrir juste le haut du coffre), on estimait à quelle heure on allait arriver là-bas, à la minute près. Celui qui était le plus proche avait gagné. Juste gagné c'est tout. Et aussi, quand on voyait qu'un feu passait au rouge de loin mon père ralentissait pour tenter d'arriver au feu quand il passerait au vert. Juste pour le fun. Et nous faire passer le temps.

fourgonnette

Ma mère restait souvent dans notre maison jusqu'au lundi, de sorte que mon frère et moi mangions seuls le lundi midi dans l'appartement. Et notre menu c'était : saucisses lentilles ET quenelles en boite. Grand souvenir. On adorait ça.

Un jour, avec mon orchestre de chambre, on devait aller jouer au Lion's Club à Vienne. C'était le jour de Mardi-Gras. Me connaissant, mon Chef m'avait demandé de ne pas arriver n'importe comment. J'avais juste mis un pantalon en tissus écossais rouge, une chemise blanche de mon père et un gros noeud pap'. Tranquille...

Nos parents ne nous ont pas fait croire au Père Noël. Alors tous les ans, je devais faire ma petite page d'écriture à mes Grands-Parents, Tontons/Tatas pour "récolter" des fonds et me payer mon cadeau. Une année c'était une Barbie, d'après les souvenirs de ma mère. Arrivée dans le magasin, il me manquait 1 Franc. Le marchand m'avait fait ce cadeau.
Une autre fois j'avais acheté un nécessaire pour faire des petites figurines en plâtre avec les moules en silicone en forme d'animaux de la savane.
J'étais très fière parce qu'en fait j'avais LE cadeau dont j'avais rêvé.

Tous les ans à Noël, on lisait Les Trois Messes Basses d'Alphonse Daudet avant de passer à table. "bonsoir bonsoir Maître Arneton. Bonsoir bonsoir les enfants...".

En hiver quand on faisait le feu de cheminée, j'adorait me coller le dos contre le feu (cheminée sans insert) pour avoir chaud. et des fois, quand on allait ramasser des marrons, on se faisait un repas par terre dans la salle à manger, devant la télé, en mangeant des marrons chauds.

Tous les samedis, dès que le temps le permettait dans l'année, on mangeait dehors le midi. Sardines grillées au barbecue. Mon père reste le champion du monde toute catégorie confondue à ce sujet.

Je sautais super bien à l'élastique et la corde à sauter c'était trop facile.

J'ai tenté de faire du judo mais j'ai pas aimé. Mon frère, lui a continué et ensuite il a fait du ping-pong puis du triathlon. J'étais trop fière de lui ! Moi j'ai préféré la musique. Solfège (j'ai mon brevet quand même !) et violon (j'ai loupé mon brevet...).

J'ai eu les cheveux verts, jaune fluo, rasés, violets, bleus, avec la crète, rouge, sans crète, noirs, frisés, pas frisés. Un jour ma mère m'avait dit "j'aime bien quand tu as les cheveux verts et les ongles noirs". Merci Maman !

Tous les ans à Pâques, je montais quelques jours chez mes Grands-Parents à Paris. Pour visiter, et pour "réviser" mes examens de violon avec ma Grand-Mère. Elle au piano, moi au violon. Ma Grand-Mère est décédée cette année à l'âge de 98 ans. J'ai récupéré son piano. C'est une partie de moi.
Mon Grand-Père avait été une partie de sa vie, photographe. Il avait une chambre noire dans sa cave. Alors une année, je suis montée avec une pellicule photo pour la développer avec lui. Il a pris un temps fou à m'expliquer, me montrer. Tous les deux, dans le noir, au son du métronome pour compter les secondes et attendre que la photo soit bien développée.

Je n'ai jamais pris de résolutions pour l'année qui arrive, j'aime pas les résolutions. J'aime juste avancer. J'aime même prendre de l'âge. Et ne jamais regretter le chemin parcouru jusqu'ici, car si une seule petite chose avait changé, je ne serais certainement pas là où je suis maintenant.

Je voudrais juste pouvoir me souvenir encore de petites choses, de petits détails comme le coup de l'assiette avec mon père. Ce sont ces petites choses qui font qui je suis.