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Ma mère a travaillé. Puis elle s'est arrêtée pour se consacrer entièrement à nous, ses deux enfants.

Le midi en hiver, quand nous étions en primaire, nous avions toujours un verre de jus d'orange frais pressé. Quand j'étais trop fatiguée ou juste que je ne voulais pas y retourner l'après-midi, je faisais semblant de faire la sieste... et elle faisait semblant d'y croire.

Tous les mercredis midi (et c'est encore le cas si on va manger chez eux) nous mangions des spaghettis bolognaise.

Il nous est arrivé de louper le bus le matin pour aller à l'école. Elle était là et pouvait nous amener.

Elle m'a conduit à tous mes cours de solfège et de violon. A tous mes examens de solfège et de violon.

Elle a accompagné mon frère à ses compétitions de ping-pong et ensuite de triathlon.

Elle a toujours pris notre défense, elle était corps et âme pour nous. C'est comme ça que je l'ai ressenti.

Elle se couchait à 4 heures du matin quand il fallait nous amener sur le quai de la gare pour partir faire un échange linguistique.

Quand je suis partie 8 mois en Autriche faire jeune-fille au-pair, elle est venue me voir pendant quelques jours, elle a même fait du train de nuit pour venir, dans un pays étranger (et ensuite elle a affronté avec moi les -25° de l'hiver salszbourgeois et les roulades dans la neige après un bon sauna).

Quand on voulait faire des activités comme de la poterie, elle nous mettait la table en place, avec du plastique dessus, de la terre glaise et elle nous laissait faire. Sans stress.

Quand nous étions ados, on faisait les boums chez nous. Un jour elle m'a dit "j'aime bien quand tu as les cheveux verts et les ongles noirs", elle a toujours été pour "l'expression".

Elle nous aidait à faire nos devoirs (car ma mère a eu son BAC, un BAC D même, c'est pas une moins que rien qu'on se le dise !).

Quand en 1992 j'ai eu une entorse des ligaments croisés, elle m'a emmené tous les jour pendant 2 mois à l'école et elle est venue me rechercher, car le bus nous posait trop loin et que j'aurais eu trop à faire avec des béquilles. Elle m'a emmené à toutes mes séances de kiné.

Quand j'étais jeune adulte et mal dans ma peau, sans rien me dire de plus, elle m'a juste dit "tu sais, ici c'est encore chez toi, tu peux revenir quand tu veux". Et je suis revenue vivre chez mes parents à l'âge de 25 ans.

 

 

Ma mère est une femme formidable.

Elle n'est pas fermée sur l'extérieur.

Elle a des ami(e)s, une vraie vie sociale.

Elle a appris à nager il n'y a pas longtemps, mais je n'ai jamais su qu'elle avait peur de l'eau.

C'est une artiste qui peint merveilleusement bien.

Elle est un Grand-Mère formidable, et une mère encore plus (normal c'est MA mère nanméo).

J'aimerais juste qu'on me laisse le choix d'être au moins aussi bien qu'elle.