Nous sommes 6.

Nous avons 4 enfants. 4 filles de 2, 4, 6 et 8 ans.

Elles sont casses-pieds, des vraies merveilles. On a bien bossé pour notre pays, diraient certains, d'autres diraient que c'est inconscient de faire cela. Ceux-là, je ne les écoute que très peu à vrai dire.

En janvier 2015 mon congé parental prendra fin. Je vais reprendre le chemin du travail.

Mais.

Mais pour pouvoir reprendre le travail et être financièrement "rentable" (en fait non pas rentable, mais juste pouvoir manger jusqu'à la fin du mois), il faudrait que l'école accepte de prendre ma fille à l'école.

Mon Emilie, née le 18 janvier 2012. A 18 jours près on ne se posait pas de question elle était prise.

Beaucoup d'école en France prennent les enfants de début d'année, ou au moins les prennent en cours d'année une fois les 3 ans révolus.

Alrs j'ai tenté ma chance à l'école et auprès de ma Mairie.

Mon village, moins de 2 000 habitants, tu te dis que le Maire est proche de ses administrés, qu'il essaie de faire des efforts pour que les gens de son village se portent bien.

Tu te dis que tu dois reprendre le travail parce que c'est comme ça, ton poste en CDI tu l'as encore, depuis 7 ans de congé parental.

Tu te dis qu'avec le nouveau gouvernement, Monsieur Hamon, Madame Vallaud-Belkacem, le droits des femmes, les femmes au travail, moins de chômeurs, réduire la courbe du chômage etc... le Maire de ton petit village fraichement réélu va tenir compte de ça, qu'il va être plutôt d'accord pour t'aider. Mine de rien tu es sur sa commune, tu paies les impôts, tu participes à la vie du village, tu t'es investie en tant que Trésorière du Sou des Ecoles...

Tu te dis que...

Et puis tu rencontres la personne chargée de la petite enfance dans ton village, toi tu es au bord des larmes (ah non pardon tu pleures parce que tu ne dors plus depuis quelques nuits en te demandant ce que tu vas pouvoir faire), elle te dit de t calmer, qu'il y a forcément une solution, que ça pourrait même être une rentrée en milieu d'année, une prise en charge de la cantine, que de toute façon c'est Monsieur le Maire qui décide...

Tu te dis que c'est peut-être possible.

Et bien dis-toi que tu as tord.

Et que tu te fourres un doigt dans l'oeil jusqu'au coude ma bonne dame !

Ton Maire il n'en a rien à secouer de ton cas !

Ton Maire il te dit que non, il te dis que "Nous vous confirmons, après entretien avec le directeur d'école, la commission scolaire et le Maire (décideur) notre refus de dérogation pour votre plus jeune fille" et c'est tout.

Alors tu te dis que tu vas tenter à l'école directement. Et le Directeur te dit que "non, en fait ça n'a jamais été fait et nous ne voulons pas d'antécédent"...

Juste ça voilà.

Petit village + ça n'a jamais été fait = frileux, WOUHOU ne prenons pas de risques, ON POURRAIT NOUS LE DEMANDER UNE PROCHAINE FOIS !!

Voilà.

Du coup Monsieur Hamon et Mme Vallaud-Belkacem, ils en disent quoi de ça ? des femmes qui voudraient aller travailler mais qui du coup ne peuvent pas. Moi je veux bien, mais après on fait quoi, on coule ?

Ou alors le plus simple et la seule solution qui reste envisageable c'est la démission. Perdre un poste en CDI à temps plein. Un chômeur de plus.

Pour le Maire je pense que je ne suis qu'une sardine perdue dans un ban. Petit le ban pourtant.

SARDINES

Le village ne compte pas 2 000 habitants...

 

Ah et le plus drôle dans l'histoire, c'est que le Maire dit "que c'est le Directeur qui a le fin mot de l'histoire"... alors que c'est faux, le décisionnaire final c'est le Maire.

Ce soir je dois aller le voir à 18 heures.

J'hésite... je prends mon sac de couchage pour dormir là-bas tu penses ? qu'il comprenne à quel point cette rentrée anticipée est nécessaire ?