Il est moche mon titre de billet hein ?

En fait faut que je t'explique. Tu sais que nous, parents, nous sommes en quelque sorte des équilibristes, des trapézistes de l'éducation.

Il faut sans cesse faire attention, comment on va dire oui, comment on va dire non, comment on va amener l'enfant à faire ce qui sera le plus efficace, le moins dangereux, sans pour autant annihiler leur personnalité.

Si on passe à côté du début de la crise, on peut se retrouver dans une situation compliquée, et même parfois, sans filet.

Avec Olivia on est là-dedans.

 

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Surtout le soir.

Elle se relève et se relève encore : boire, pipi, ongles des pieds mal coupés, chouchou par terre, couette tombée, livre pas en place, mais tu sais à l'école aujourd'hui et j'en passe.

Jusqu'à épuisement... pas le sien ! mais le nôtre !

Alors on menace... brrr je n'aime pas ça !

Et puis on n'a plus envie de prendre le temps de la coucher, aucun plaisir, puisque l'on sait de source sure (source sure = l'année qui vient de s'écouler) qu'elle va se relever au moins 5 fois... on a envie de bâcler et de sortir le plus vite possible de sa chambre en lâchant "et ne te relève pas surtout hein !! sinon on va se fâcher !"... c'est pourri.

 

La semaine dernière, après avoir encore une fois ramé pour la coucher, je lui dit "tu sais j'aimerais bien te faire un câlin, mais je n'ai pas envie, parce que tu te relèves tout le temps, alors ça m'énerve"...

Et elle de me répondre "oui je ne me relèverai pas".

Et puis j'ai dit "alors si tu ne te relèves pas ce soir, demain je te ferai un gros câlin, j'en ai tellement envie, ça me manque... mais pas ce soir, parce que hier tu t'es relevé plein de fois"...

Et je suis sortie sous des yeux humides et des cris de ma fille "je veux un câlinnnnn !". Horrible. Je me suis dit que faire un chantage au câlin c'était vraiment super moche.

Elle s'est relevée. On a dit "demain pas de câlin".

Ce cinéma a duré 5 jours. Et au soir du 5ème jour, j'ai redit "tu sais, si ce soir tu restes bien dans ta chambre, demain je te ferai un énooooooorme câlin... j'en ai tellement envie".

Et elle est restée dans sa chambre.

Le lendemain nous avons fait un sacré câlin, jte dis que ça.

Et elle ne s'est pas relevée...

Le lendemain encore un super câlin. Je me suis allongée à côté d'elle et j'ai mis ma tête sur son torse pour écouter son coeur battre. Un long moment. et je me suis relevée et je lui ai dit que j'aimais entendre son coeur battre, parce que ça voulait dire qu'elle était bien vivante (je me suis même auto-émotionnée d'avoir dit ça... la fatigue peut-être).

Elle a aussi écouté mon coeur et a trouvé ça trop classe "haaaannnnn mais mamaaaannnnn comment tu fais çaaaa ?!!........... et tu sais j'aime bien quand ton coeur il est vivant, parce que du coup toi tu es battante"... mots d'enfants adorables.

Cela fait maintenant une semaine entière qu'elle ne s'ezst pas relevée le soir.

Et cela fait une semaine qu'au moment du coucher j'ai vraiment plaisir à aller la coucher.

Avant, j'essayais d'être la première à aller lui faire son bisou à la volée, histoire de ne pas être celui des parents qui fermerait la porte de sa chambre et l'entendrait râler.

Maintenant j'y vais en dernier, après avoir couché le autres.