le jour où j'ai changé.

Le jour où je me suis transformée...

J'étais mère déjà 2 fois. tu te dis qu'à partir de 1, tout change. Oui certes.

Tu te dis qu'à 2, genre t'es plus cool, tu appréhendes mieux certaines choses. Oui certes.

J'étais enceinte d'Olivia. Déjà bien ronde tu vois.

J'avais rendez-vous dans un fast-food avec des collègues de boulot. J'avais décidé de venir avec les filles.

Nous, on était arrivées plus tôt, on avait même déjà mangé et les filles étaient parties jouer.

Blanche avait 18 mois. Lana 20 mois de plus, je te laisse calculer. Il est tard. Et en plus j'ai 38 ans maintenant.

Une fois les collègues arrivés, je discutais tout en gardant un oeil attentif à ce qui se passait derrière la vitre où jouaient mes filles. Elles s'amusaient bien. Lana montait sur le petit toboggan et Blanche marchait (encore chancelante) en rigolant avec un ballon dans la main.

Et là... tout à basculé.

Je ne suis pas du genre à pousser une gueulante. Je n'ai pas les couilles pour le faire. Je suis plutôt du genre à devenir toute rouge et une fois la chose passée, à m'imaginer tout ce que j'aurais pu et dû dire. Genre la lopette.

Mais là...

Des jeunes cons d'un âge approximatif "hormones en ébullition" ont fait leur apparition dans l'aire de jeux. Quelques filles et quelques garçons. A minauder, à se courrir après, à crier très fort. Et ma Blanche qui continuait de marcher, mais elle ne riait plus.

Et puis ils ont mis à se bousculer gentiment genre "jte cherche" "nan mé atten Bryan arrête je vé le dir à Edyson".

Mon sang n'a fait qu'un tour (je précise que d'autres enfants jouaient, que ça commençait à devenir quand même TRES TRES bruyant et remuant dedans).

Je me suis levée et j'ai poussé une gueulante.

Je ne sais plus exactement ce que j'ai dit, je sais que je leur ai demandé de sortir pour aller jouer dehors, que des enfants en bas âge étaient dans l'aire de jeu "ouais mais attends madame, on fait attention"... (lol) (zyva la viok).

Je crois avoir été assez persuasive au moment où je me suis approchée de leurs chaussures pour leur proposer de les aider à les enfiler et que si ils ne partaient pas je les emmènerais moi-même dehors.

Ils sont sortis non sans "oué mé genre elle a trop ABUSE", des bras en l'air et de portes qui claquent.

Quand je suis ressortie de l'aire de jeux (après avoir rassuré les filles) j'ai vu l'air soulagé et un poil étonné des autres parents.

Et surtout mes collègues amusés.

Et le "une vraie maman ours !!" qu'ils m'ont dit.

Là j'ai compris, j'ai compris une chose. Tu t'approches un peu trop de mes filles, gare à toi. Sans rire. Gare à toi. Je ne suis pas violente mais je pourrais le devenir.

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